
Tout au long de mon chemin avec l’endométriose, j’ai découvert que la maladie est une opportunité d’évolution et de meilleure compréhension de soi. Je continue de m’en rendre compte aujourd’hui dans mon parcours avec la maladie mais aussi lors de chaque rendez-vous avec les femmes que j’accompagne et qui me partagent le chemin émouvant et époustouflant qu’elles font chacune vers elles-mêmes et vers leur épanouissement. Lors de mon diagnostic, j’étais loin d’imaginer que cette épreuve me rendrait à la fois plus forte et plus douce, plus résiliente et plus fragile, plus affirmée et plus incertaine et que plus que tout elle me changerait et transformerait ma vie et ma vision du monde.
Après les phases de colère et de déni par lesquelles passent toutes les femmes atteintes d’endométriose à la suite du diagnostic, je suis arrivée dans une nouvelle phase de compréhension de la maladie. Et cela a changé fondamentalement mon rapport à mon corps, à ma féminité, à la maternité et plus globalement au monde.
En choisissant d’adopter une approche compréhensive de l’endométriose et d’utiliser la maladie non pas comme un obstacle à vaincre mais comme un message, les symptômes que mon corps manifestait étaient devenus un langage qui portait en mémoire tout mon vécu et les solutions à mes problèmes sur le chemin de l’accomplissement personnel.
Je crois profondément que si l’endométriose n’est pas dans notre tête et n’est en aucun cas une maladie psychologique, elle est liée d’une manière ou d’une autre à des causes profondes. C’est la métaphysique des maladies qui étudient ces causes profondes et qui explique qu’il peut y avoir un lien entre les pensées, les émotions, les croyances et les maladies.
Les pensées, sentiments et émotions pourraient être à la source de certains malaises ou maladies.
Le cerveau est très puissant et est capable de créer dans le corps des maladies et des symptômes pour nous faire prendre conscience de choses qui ne sont pas alignées dans nos vies. Une maladie peut s’installer dans notre corps à cause d’émotions mal gérées, de croyances héritées et non assumées.
La façon dont chacune vit les choses est différente. Un événement particulier pourra avoir constitué un stress psychologique très fort (on parle de traumatisme) pour l’une et pas pour l’autre.
Ainsi, le lien entre les pensées, les émotions et les maladies dépend de la façon dont je me suis sentie affectée, consciemment ou inconsciemment. Si mon stress psychologique est suffisamment grand, il pourra être transposé dans un stress biologique sous forme de maladie.
En apprenant à réharmoniser ce tourbillon d’émotions, en travaillant sur mes croyances limitantes, j’ai retrouvé mon pouvoir sur mon corps, mon esprit et mon cœur : j’ai trouvé un pouvoir de guérison sur la maladie que j’avais laissé s’installer en moi et je suis ainsi redevenue maîtresse de notre corps.
Accepter de reprendre mes responsabilités, face à ma santé, a été un long processus d’introspection et de remise en question de mes valeurs. En reprenant ma responsabilité, j’ai développé la certitude que j’avais le pouvoir de me « guérir ».
Durant mon enfance puis mon adolescence, je rêvais d’être un garçon.
J’avais l’impression que tout était plus facile en étant un garçon : pouvoir vivre en pantalon ou en short tout le temps (tellement plus « pratique »), faire pipi debout, se servir de sa force, avoir le droit de se mettre en colère (cette colère que je n’ai jamais pu exprimer), ne pas être dérangé par les règles une fois par mois.
Et puis j’ai grandi et je suis passée d’adolescente à femme. Les douleurs, les règles abondantes, l’humeur qui varie de celle d’un bisounours à celle d’un bouledogue… j’en voulais à mon corps et à toutes ces choses qui m’empêchait d’être à fond.
Je me disais qu’est-ce que ce serait bien d’être un homme. Je me disais aussi vivement la ménopause pour ne plus être enquiquinée chaque mois.
Et enfin « ah pendant la grossesse 9 mois sans menstruations le bonheur ».
Au-delà des anecdotes sur les différences dans le quotidien, cela a beaucoup imprégné ma manière d’agir : pendant près de 30 ans j’ai fonctionné de manière très linéaire et très rationnelle.
J’essayais d’être toujours très performante, j’étais beaucoup dans le faire (par opposition à l’être). Je voulais prouver que j’étais forte extérieurement.
Je n’écoutais ni mes douleurs, ni ma fatigue si présente. Je n’écoutais pas mon corps. Je n’écoutais pas non plus mes émotions : j’avais toujours une boule dans le ventre, comme un énorme sac de noeuds, dont j’étais incapable de dire à quoi il était dû. Je n’étais pas reliée à mon cœur.
J’ai compris bien plus tard que tout ça était révélateur du fait que je n’étais pas (vraiment) connectée à ma féminité ni à mon authenticité intérieure. « Pas vraiment » parce que, paradoxalement, j’étais profondément surprise par la puissance de mon intuition en toute situation.
Et de nombreuses activités que j’adorais (et que j’aime encore beaucoup aujourd’hui) me reliaient à cette nature féminine : je me reconnectais à mon pouvoir de création et à ma créativité par toutes les activités manuelles/de création (point de croix, couture, tricot, peinture, perles, …) qui étaient mes activités préférées enfant et à ma nature de femme sauvage à chaque fois que m’était donnée la possible de partir à la cueillette de fruits, baies et champignons.
Par ailleurs, je ne me sentais jamais aussi bien que quand je me baladais en forêt ou en montagne seule, profondément connectée à la nature.

Et je ne me suis jamais sentie aussi vivante que cette fameuse nuit où j’ai dû marcher dans le désert en pleine nuit et faire confiance à mes sens, à mon intuition et laisser la lune guider mes pas.
Je crois que dans ces moments-là, je me reconnectais à mon intériorité.
Et d’ailleurs quand on m’a posé la question de ce que représentait pour moi être une femme, j’ai bien été en peine de répondre. La réponse qui m’est venue c’était la différence avec l’homme, plutôt que de me pencher sur les spécificités de la femme.
Et puis l’endométriose est entrée dans ma vie de manière assez fracassante – la perte d’un bébé, le fait de frôler la mort à cause d’une hémorragie interne, la possibilité de ne jamais être mère, les douleurs, les angoisses et ce corps qui se rappelait à moi de manière frontale et brutale.
A ce moment-là, j’ai bien été obligée de me mettre à son écoute. En écoutant davantage mon corps, en lui apportant ce dont il avait besoin (sommeil, relaxation, nutriments), je me suis un peu rapprochée de ma féminité. J’ai découvert ma nature cyclique et cela a été autant un bouleversement qu’un magnifique trésor.
Mais malgré tout, même si j’allais mieux, que les douleurs s’étaient atténuées, je ne me sentais pas totalement alignée. C’est en me reconnectant à mon intériorité, en allant à la rencontre de mes émotions et de l’énergie contenue dans mon bassin que je me suis vraiment reconnectée avec ma nature de femme.
C’est notamment en dialoguant avec mon utérus et en mettant mon bassin en mouvement que j’ai contacté mes sentiments profonds, mes émotions refoulées et mes aspirations mises de côté.
Pour moi, l’endométriose est une manifestation de la puissance féminine comprimée. Et c’est grâce à la maladie que je me suis reconnectée avec mon essence féminine et avec ma puissance. Elle m’a permis de donner une place plus importante à une sphère de ma vie où je n’osais pas exprimer ma puissance féminine. Et depuis je n’ai plus ni symptôme ni douleur.
La métaphysique des maladies fait le lien entre l’endométriose et un refus inconscient de la maternité. Ce refus inconscient peut être lié à beaucoup de raisons différentes : par exemple, la relation que j’ai ou que j’ai eu avec ma maman ou l’héritage qu’elle m’a laissé (tant au niveau physique qu’émotif) peut être en conflit avec ce que je suis et la place que je veux occuper ans ce monde. Cela peut également être le fait que j’ai peur que la famille que je vais offrir à mon enfant ne soit pas parfaite, qu’elle ne soit pas assez bien. Ou bien encore, que j’ai des doutes face à mon couple.
Pour ma part, quand j’ai découvert cela, je me suis dit que je n’étais pas concernée. Que moi tout allait bien à ce niveau-là.
Mais après de très longs mois d’attente pour devenir maman, j’ai commencé à m’interroger et à me dire que finalement peut-être que tout n’était pas aussi clair que ce que je voulais bien me raconter de façon assez mécanique dans ma tête.
En effet, durant ces longs mois d’attente, je me suis posée beaucoup de questions. Le genre de questions qu’on ne se pose pas quand le projet bébé se concrétise très rapidement. Des questions profondes sur :

Ces questions m’ont amené à beaucoup réfléchir. Cela m’a amené à me rendre compte que la représentation de la maternité dont j’avais héritée par ma lignée de femmes n’était pas ce que je voulais pour moi. Cette représentation de la maternité dont j’avais héritée était très en décalage avec ce à quoi moi j’aspirais réellement de devenir en tant que mère.
Dans ma lignée de femmes, on est plutôt maman à temps plein, maman poule qui se consacre à 2000% à ses enfants. J’ai bénéficié et beaucoup profité de ce maternage durant toute mon enfance. Et je n’ai pas beaucoup vu ma maman prendre du temps pour elle, s’épanouir dans autre chose que l’éducation et le soin des enfants. Du coup, je pensais que c’était la seule voie pour être maman. Et cela me semblait insensé de ne pas consacrer 100% de mon temps à mes enfants.
Et sans que je m’en rende compte, cela coinçait très fort dans mon inconscient parce que je n’avais pas envie de n’être que ça, de ne m’identifier que par rapport à ça, etc. Et quand je relis mon histoire aujourd’hui, je crois qu’il a fallu que j’ai cette prise de conscience pour qu’enfin mon projet bébé se réalise.
J’ai fait de nombreux rendez-vous avec ma thérapeute, j’ai beaucoup lu et dialogué avec mon utérus. Je me suis aperçue que mon épanouissement propre ne passait pas uniquement par la maternité. Et je dirai même que la maternité n’était qu’une source supplémentaire d’épanouissement pour moi. Mon accomplissement passe aussi et surtout par d’autres choses de ma vie de femme :
Ces différentes découvertes ont été des étapes fondamentales dans ma vie. Elles ont été des prises de conscience qui m’ont permis de comprendre qui j’étais pour m’épanouir vraiment. En tant qu’étapes, elles m’ont également permis d’aller encore plus loin. Grâce à elles, je me suis posée la question de ce qu’était ma mission de vie.
J’ai eu un parcours scolaire plutôt facile et il avait été décidé (un peu malgré moi parce que tous mes autres souhaits d’orientation – archéologue, magistrate, décoratrice d’intérieure, interprète – ne correspondaient pas aux représentations familiales) que je tenterai d’intégrer Science Po après une classe préparatoire littéraire.
J’ai bien effectué mes deux ans de classe préparatoire mais je ne me suis pas présentée aux concours parce que le principe du concours m’horripile… Je me suis retrouvée à l’université et chemin faisant en charge de la communication dans un groupe qui produit de l’énergie.
Ce métier et le domaine de l’énergie m’ont choisi plus que je ne les ai choisis : ils ne me correspondent pas entièrement. Il y a beaucoup de choses dans lesquelles je ne me retrouve pas.
Mais il a fallu que l’endométriose entre dans ma vie pour que je m’interroge sur ma mission de vie et sur :
Mais pendant longtemps, je me suis sentie incapable de faire autre chose. Le manque de confiance en moi je rongeais. Je me sentais illégitime sur tout.
Et c’est seulement après un long travail d’introspection de près de trois ans chez une thérapeute et avec une coach professionnelle spécialisée dans l’accompagnement des femmes que j’ai choisi d’accompagner les femmes et transmettre ce que j’ai appris depuis le diagnostic de mon endométriose il y a quatre ans.
Ces quatre années m’ont permis de soigner mon endométriose de manière naturelle et de ne plus avoir aujourd’hui de douleurs sans hormonothérapie ni chirurgie.
Je veux permettre à d’autres femmes de retrouver une vraie qualité de vie et de vivre sereinement avec la maladie.

Sophie says:
Merci pour cet article. Je prends également conscience de beaucoup de choses depuis 6 ans, le chemin à parcourir est long, et il n’y a pas de durée « type » mais pour ma part j’ai l’impression d’avoir fait des pas de géantes et en même temps à d’autres moments j’ai l’impression que je ne suis qu’au début. Je travaille aussi en mémoire cellulaire avec une thérapeute. Je sais aussi qu’il y a des mémoires transgenerationnelles qui sont liées à mon endométriose. Comme tu le dis comprendre tout cela permet vraiment de travailler sur cette maladie et de s’en sortir parce qu’on se comprend mieux. Pourtant ce matin je suis à nouveau en colère, ça rejaillit sur l’entourage, c’est vraiment affreux c’est comme si je n’arrivais pas à me contrôler … dans ces moments j’ai vraiment le sentiment de ne pas y arriver. Je suis en colère contre mon cycle, contre la biologie et le fonctionnement féminin tout simplement. Du coup ça vient m’éclairer sur le fait qu’il y a encore énormément de travail à faire sur moi pour accepter et bien vivre avec mon fonctionnement de femme. Il ne faut pas se décourager et je suis certaine que chaque femme est capable d’y arriver. Courage à toutes dans ce chemin parfois difficile mais aussi plein d’optimisme et de beauté !