
Sawis, Visanne, Luteran, Lutenyl, colprone, Optilova, et bien d’autres encore… Difficile de toutes les citer. Toujours est-il que quel que soit le traitement, quelle que soit la pilule, les mêmes questions reviennent : quelle pilule choisir ? Quelle est la pilule qui a le moins d’effets secondaires ? Quelle est celle que tu me recommandes ? Bien entendu, dans cet article, je ne vous conseillerai pas de meilleure pilule. D’abord parce qu’il n’en existe pas et qu’il faut souvent du temps et plusieurs essais pour trouver la bonne. Ensuite et surtout parce que je ne suis pas médecin et que ce n’est pas mon rôle. En revanche, je trouve important de mettre les choses au clair sur différentes idées reçues ou fausses informations qui circulent encore sur Internet, sur les réseaux sociaux voire dans certains cabinets médicaux malheureusement. Je trouve cela aussi important parce que je pense que mieux on est informées plus on est libre de ses choix. Mon corps, mes choix.
Avant de lire la suite, je tiens à rappeler que les informations contenues dans ce post n’ont qu’une valeur d’information générale. Elles ne sauraient se substituer à une consultation médicale. Chaque cas d’endométriose est unique et c’est en accord avec votre médecin que les décisions doivent se prendre.
En médecine conventionnelle, la pilule est le traitement de première intention pour soulager les douleurs liées à l’endométriose. Elle est également souvent proposée pour sa capacité à bloquer le développement et la progression de la maladie.
Toutes les études scientifiques qui se sont intéressées au sujet de la progression de la maladie montrent la même chose. Aujourd’hui il n’y a pas de données scientifiques sur :
Le MOOC interministériel sur l’endométriose « Endométriose : l’affaire de tous » s’appuie sur deux études pour diffuser cette information : l’une sur l’évolution des lésions chez les adolescentes et l’autre sur l’évolution des lésions recto-sigmoïdiennes (c’est-à-dire sur le tube digestif).
La première étude (Evers, 2013) montre que l’évolution naturelle (c’est-à-dire sans traitement hormonal) de l’endométriose peut être soit la stabilisation (29% des cas), soit la régression (42% des cas), soit la progression (29%) des cas).
Cette étude montre que, même sans traitement, il n’y a pas forcément de progression de la maladie, depuis une endométriose superficielle vers une endométriose ovarienne et/ou une endométriose profonde.

La deuxième étude (Netter, 2018) concerne l’évolution des lésions recto-sigmoïdiennes avec ou sans traitement hormonal, pris ou non en continu.

Cette étude montre que :
Sources :
Quelle pilule choisir ? Quelle est la pilule qui a le moins d’effets secondaires ? Quelle est celle que tu me recommandes ? Vous êtes nombreuses à me poser ces questions et je ne peux pas y apporter de réponse pour différentes raisons :
Cependant, je pense qu’il est important de vous transmettre les principes à connaître suivants :
Cette affirmation est une affirmation qui provient du milieu de la médecine conventionnelle. Aujourd’hui, il n’y a pas de traitement de médecine allopathique pour guérir l’endométriose.
La seule solution dont dispose la médecine conventionnelle est d’essayer d’éviter le développement des lésions en mettant le cycle menstruel sur pause grâce à un traitement hormonal (aussi appelé pilule dans certains cas).
Le traitement hormonal, en bloquant la communication entre le cerveau et les ovaires, empêche, d’une part, la production d’œstrogènes et, d’autre part, les menstruations.
Cela doit permettre de limiter le développement de la maladie et d’assécher les lésions.
Mais, j’en ai fait l’expérience, et je ne suis pas la seule. Le traitement ne fonctionne pas toujours. ET il existe d’autres moyens de faire stagner les lésions d’endométriose. Et ces approches dans lesquelles on fait diminuer l’inflammation par l’alimentation, la réduction du stress, un meilleur sommeil, dans lesquelles on prend soin de notre corps par des mouvements adaptés, etc. sont même recommandés par certains médecins pour qui la santé passe d’abord et avant tout parce l’hygiène de vie. Et cette hygiène de vie a un impact bien plus important que certains pourraient le penser sur l’endométriose.
Certains médecins recommandent d’ailleurs aux femmes qu’elles suivent et qui ne veulent pas prendre de traitement hormonal pour des raisons qui les concernent, de travailler sur ces différents points.
Quand on parle de faire stagner les lésions d’endométriose, il est important de s’intéresser aux mécanismes de développement de la maladie qui est systémique – et non uniquement gynécologique … elle a des composantes immunitaire, inflammatoire, digestive, etc. qu’il convient de prendre en compte quand on veut ralentir voire stopper son développement.
Que cette approche soit un complément ou une alternative aux traitements hormonaux, elle me semble indispensable.
Le terme anglais « spotting » (signifiant littéralement « tache ») désigne des saignements vaginaux survenant en dehors de la période des règles. Ces pertes de sang sont moins abondantes que les règles, elles sont indolores et généralement de couleur plus foncée. Souvent, cela est le signe d’une modification de la muqueuse utérine.
Les spottings comme les règles sont des saignements qui sont la plupart du temps causés par un changement des taux d’hormones dans l’organisme.
Quand ils arrivent sous traitement hormonal progestatif en continu, nous sommes assez souvent déroutées. En réalité, bien souvent, ils sont aussi la conséquence d’une évolution du taux d’hormones : par exemple en cas d’oubli d’un comprimé ou si le comprimé n’est pas pris à la même heure chaque jour.
D’autres informations importantes sont à prendre en compte :
Dans le cadre de l’endométriose, la prise de la pilule en continu est une des causes principales de spotting. Pour éviter les spottings – qui constitue une perte de sang pouvant amener au développement des lésions d’endométriose, les médecins recommandent une pilule monophasique en continu. La pilule monophasique est une combinaison d’œstrogène et de progestatif, à dose fixe.
Pour ces raisons, en cas de spottings qui se prolongeraient, il est important d’en parler à ton gynécologue pour voir ce qu’il pourrait te proposer pour améliorer la situation.
Le traitement hormonal est l’une des seules solutions proposées par la médecine conventionnelle pour soulager les douleurs liées à l’endométriose et potentiellement réduire le risque de développement de la maladie. Qu’il s’agisse de la “pilule” ou du “stérilet”.
Malheureusement, ces traitements hormonaux ont un effet indéniable pour une grande majorité des femmes sur leur état émotionnel et tout particulièrement sur leur niveau d’anxiété.
À l’heure actuelle, il est assez difficile de contester toutes les données montrant que la pilule peut augmenter le risque de dépression et d’anxiété chez les femmes. Il est également clair que toutes les femmes ne sont pas à risque.
D’après les recherches, le risque d’avoir des effets négatifs sur l’humeur est plus élevé si vous prenez la pilule dans les cas suivants :
Même si certains spécialistes disent que le traitement hormonal n’a pas d’effet sur l’humeur, les études prouvent dans les faits que c’est le cas. Voues êtes les mieux à même de savoir ce que vous ressentez et ce qui peut avoir changé en termes de santé mentale depuis que vous prenez un traitement.

Un mini-programme en 4 semaines pour vaincre l’anxiété liée à l’endométriose et retrouver une sérénité émotionnelle et physique.
Dans tous les cas, il est conseillé de voir un médecin et/ou un thérapeute si vous pensez que votre santé mentale souffre, que vous soyez sous ou sans contraception.
Source :
Reynolds TA, Makhanova A, Marcinkowska UM, Jasienska G, McNulty JK, Eckel LA, Nikonova L, Maner JK. Progesterone and women’s anxiety across the menstrual cycle. Horm Behav. 2018 Jun;102:34-40. doi: 10.1016/j.yhbeh.2018.04.008. Epub 2018 Apr 24. PMID: 29673619.
[sharethis-inline-buttons]Il n’existe aujourd’hui pas de traitement définitif de l’endométriose. Cette maladie exige une surveillance jusqu’à la ménopause avec l’arrêt des règles. Néanmoins, les médecins peuvent utiliser deux approches pour la soigner.
L’approche hormonale, qui consiste à « induire une aménorrhée, autrement dit arrêter les règles avec un stérilet hormonal ou la prise de pilule contraceptive en continu, soulage les patientes de leurs douleurs dans une grande majorité des cas », explique le Pr Michel Canis. « Mais ce traitement a une limite, il a peu d’effet sur les lésions anatomiques : il ne fait pas par exemple disparaître les kystes et une fois qu’on arrête le traitement médical, ces signes vont réapparaître ». La chirurgie est l’autre traitement. Elle réalise l’ablation des kystes, des adhérences, des excroissances mais elle ne traite pas la cause. La chirurgie radicale avec ablation de l’utérus peut presque toujours être évitée chez les femmes jeunes, elle peut être indiquée chez les femmes qui n’ont plus de désir de grossesse.
« Il existe des formes très graves et douloureuses d’endométriose mais cela ne constitue pas la majorité des patientes. Parmi elles, 75 % n’ont pas de lésions sévères », tient à rassurer le Pr Canis. Le gynécologue insiste également : s’il faut diagnostiquer au plus tôt l’endométriose, c’est aussi pour éviter à la douleur de devenir chronique et avoir ainsi de meilleures chances de la soulager.
La progestérone est, avec les œstrogènes, l’une des deux principales hormones féminines qui régit notre cycle menstruel. Elle est produit par le corps jaune (le résidu du follicule après l’ovulation). La progestérone a différents impacts sur le corps : elle réduit l’inflammation, elle régule la fonction immunitaire et elle soutient la thyroïde, le cerveau, les os et les tissus mammaires.
Pour l’endométriose, la progestérone aide à supprimer la croissance du tissu endométrial et à réguler le système immunitaire, et ainsi de travailler sur deux pistes de développement de l’endométriose.
La progestérone produite par le corps jaune, appelée ici progestérone naturelle, est différente de la progestérone retrouvée dans les traitements hormonaux pour l’endométriose. Les molécules progestatives des pilules pour l’endométriose ont pour nom : noréthistérone, lévonorgestrel, diénogest et drospirénone. Ils ont “une action proche de celle de la progestérone” (extrait du site Vidal concernant le traitement Sawis) mais ne sont pas de la progestérone et ont leurs propres effets secondaires. Si progestérone et progestatifs ont le même effet sur le fait de réduire l’épaisseur de muqueuse utérine, ils ont des effets opposés sur le reste.a
Par exemple, le lévonorgestrel est assez proche de la testostérone et peut donc provoquer des effets secondaires androgènes tels que la prise de poids.
| Progestérone | Progestatifs |
| la plupart du temps bonne pour le moral et pour le sommeil | ont un impact négatif sur l’anxiété et la dépression |
| a des propriétés anti-androgéniques | peuvent être “testostérone-like” |
| stimule la pousse des cheveux | peuvent causer une perte de cheveux |
| améliore la santé cardiovasculaire | peuvent provoquer une hausse de tension |
| peut réduire le risque de cancer du sein | augmentent le risque de cancer du sein |
Vous l’aurez compris, je peux difficilement répondre à cette question car, d’une part, je ne suis pas médecin et, d’autre part, chaque parcours est unique et chacune fait ses propres choix.
Ce qu’il est important de retenir cependant :
L’Agence nationale de sécurité du médicament a publié le 2 mars 2023 une nouvelle communication concernant le risque de méningiome et les progestatifs.
Les progestatifs sont des traitements hormonaux souvent utilisés pour soulager les symptômes de l’endométriose.
Entre 2019 et 2020, des études épidémiologiques successives ont démontré un risque de méningiome, qui augmente avec la dose reçue, pour trois progestatifs (Androcur, Lutenyl, Lutéran et génériques). Suite à ces études, l’ANSM a mis en place de nombreuses mesures visant à limiter ce risque et a également observé que des cas de méningiome étaient survenus lors de traitements par d’autres progestatifs (médrogestone (Colprone), progestérone à 100 mg et 200 mg (Utrogestan et génériques), dydrogestérone (Duphaston) et dienogest (génériques de Visanne)).
Dan ce cadre, l’ANSM a publié de nouvelles recommandations afin d’encadrer le risque de méningiome pour ces progestatifs, dans l’attente des résultats d’études épidémiologiques en cours.
Source :
Risque de méningiome et progestatifs : recommandations générales pour limiter ce risque
Pour aller plus loin sur le sujet « Endométriose et pilule », vous pouvez consulter mon article : « Pilule et endométriose : vraie solution ou fausse amie ?«

Endométriose et évolutions possibles - Aline Demolin says:
[…] https://www.endholistic.fr/faq-la-pilule-et-lendometriose/#Sans-pilule-la-progression-de-lendometrio… […]
cathary says:
bonjour,
j’ai de l’endometriose je vais me faire opérer le 16 octobre prochain, j’ai tester toute sorte de pilule aucune me correspond.
Celle que je prends en ce moment peut aller mais j’ai toujours des douleurs très invalidantes, je suis en crise depuis deux semaines.
J’ai du donc me mettre en arret maladie car la douleur est insupportable.
Je suis aller voir une gynécologue pour avoir un avis avant l’opération,et je lui ai parlé de mes douleurs,elle ma dit qu’il etait possible que par temps de crise ou quand je sentais la douleurs arrivé que je prenne 2 pilules en meme temps jusqu’a que mes douleurs s’arrete.
Qu’en pensez vous ?
Bertille says:
bonjour justine,
Difficile pour moi de vous donner un avis sur les médicaments car je ne suis ni médecin ni pharmacien. Mais c’est la première fois que j’entends qu’il est possible d’augmenter la dose de traitement hormonal. Il faudrait être certaine que les douleurs que vous vivez puissent être soulagées par le traitement hormonal. Car certaines douleurs comme les douleurs neuropathiques ne sont pas soulagées par le traitement hormonal. Dans ce cadre, il serait intéressant de consulter un algologue (médecin spécialiste de la douleur) ou un centre de la douleur. A bientôt