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Comment soulager les douleurs d’endométriose en agissant sur sa posture ?

Temps de lecture : 8 minutes

 

Il existe des liens anatomiques mécaniques entre les douleurs que vous ressentez dans votre corps (ventre, tête, dos, jambes), les troubles fonctionnels des organes du petit bassin (système digestif, vessie) tels que la diarrhée, la constipation ou les problèmes urinaires et l’endométriose.  Je vous propose de découvrir la raison mécanique pour laquelle l’endométriose génère des douleurs dans le bas ventre et pourquoi cela affecte votre transit et votre système urinaire. Et surtout des solutions très simples pour agir et retrouver un meilleur confort au quotidien avec la maladie.

Comprendre l’anatomie du petit bassin féminin avant toute chose

La plupart des lésions d’endométriose se localisent dans le petit bassin qui est la région anatomique délimitée par les os du bassin sur les côtés et dont le plancher est le périnée.

Dans le petit bassin on retrouve l’utérus avec les ovaires et les trompes. On retrouve également la vessie et la fin du système digestif avec le rectum.

 

Source : Dr Ilham Bennani

 L’ensemble de ces organes sont attachés par des ligaments, des tendons et des nerfs aux os.

Les ligaments

Et ces organes sont alimentés en sang, ce qui leur permet de fonctionner de manière optimale.

Vascularisation des organes pelviens féminins

Quelles sont les conséquences de l’endométriose sur le fonctionnement des organes du petit bassin ?

Quand les douleurs d’endométriose réduisent la mobilité des organes et entraîne un cercle vicieux vers encore plus de douleurs

En raison des douleurs d’endométriose, ou lors des diarrhées ou de la constipation également causées par l’endométriose, les muscles, ligaments et tendons situés dans cette région du corps sont très sollicités car contractés très très régulièrement (de manière réflexe à la suite d’une douleur ou lors d’une diarrhée ou de manière volontaire pour la constipation). 

Les muscles du plancher pelvien deviennent hypertoniques et ont tendance à se raccourcir et à prendre une mauvaise position. Cela a pour conséquence :

l’irritation des nerfs se trouvant dans leur voisinage, ce qui engendre par contre coup de nouvelles douleurs
– une réduction de la mobilité de l’ensemble des organes se trouvant dans cette région qui par conséquent ne fonctionnent plus de manière optimale : constipation et diarrhée plus fréquentes, problèmes urinaires plus récurrents

Lorsque les organes comme l’utérus, le rectum et la vessie sont en tension ou qu’ils souffrent de troubles fonctionnels, ils peuvent tirer sur les ligaments et sur les os auxquels ils sont rattachés.
En outre, les ligaments peuvent aussi être un foyer de lésions d’endométriose. C’est le cas des ligaments utéro-sacrés. Comme pour les muscles, cela vient réduire très fortement la mobilité de la zone

Par ailleurs,  quand elles sont vraiment très développées, les lésions d’endométriose peuvent générer des adhérences impliquant que certains organes sont collés les uns aux autres, réduisant d’autant la mobilité des organes dans la zone du petit bassin.

Par ailleurs, lorsque le mouvement se réduit, l’afflux sanguin aussi. Cela signifie que le sang n’alimente pas, ne nourrit pas, de manière optimale les cellules et ne joue pas pleinement son rôle pour collecter les déchets, ces deux mécanismes étant les fonctions de base que doit assurer le flux sanguin.
Le défaut de mouvement (créé par les douleurs, les adhérences) peut donc engendrer des congestions dans certains organes conduisant au renforcement de l’inflammation déjà présente à cause des lésions.

On entre alors d’un cercle vicieux que l’endométriose peut précipiter : douleur, réponse de votre corps, distorsion de position, dysfonctionnement s’étendant dans tout le petit bassin et qui s’amplifie en intensité avec le temps …

Dans le corps humain, tout est lié. Donc un déséquilibre au niveau du bassin peut complètement modifier l’alignement de votre squelette.

Cette posture inappropriée provoque à son tour :
– des douleurs dans le dos (lombaires, cervicales)
– des douleurs dans les fesses 
– des douleurs irradiant dans les jambes

Cette posture peut également renforcer les maux de ventre.

En quelques mots :

Endométriose ⇒ Douleurs pelviennes / diarrhée / constipation / dyspareunie  ⇒  les muscles du plancher pelvien se contractent sous l’effet de la douleur ⇒ les muscles deviennent hypertoniques ⇒ ils tirent sur votre sacrum, votre pubis, le bas de votre colonne vertébrale et votre bassin ⇒ cela génère de nouvelles douleurs ⇒ distorsion de position  ⇒ nouveaux dysfonctionnements dans le bassin …

 

Les abdominaux, trop peu sollicités, se relâchent. Cela renforce la pression des organes vers le bas et, par le même phénomène, amplifie les douleurs.

Source : KAMINA, Tome 4, « Anatomie Clinique », p. 261

Enfin, quand on a mal et que les abdominaux ne sont pas assez sollicités, le diaphragme se contracte. Lorsqu’il est tendu et spasmé, la respiration est moins ample et cela empêche de se détendre. Il devient alors plus compliqué de résister au stress, ce qui amplifie la douleur.

Source : Kiné-nivelles.be

Quelles sont les solutions faciles à mettre en place pour corriger ces mécanismes et aller mieux (réduire les douleurs, améliorer le transit) ?

Pour résoudre ce problème, il est nécessaire de redonner de la souplesse et de la mobilité au bassin et apporter de la détente à ces muscles.

Il est possible de faire beaucoup de choses toute seule :

travailler sur votre posture debout et sur votre posture assise afin de rééduquer quotidiennement votre corps et de « limiter les dégâts »
se mettre en mouvement quotidiennement pour oxygéner les tissus et apporter de la souplesse
pratiquer régulièrement des positions de yoga afin d’assouplir plus en profondeur

Enfin, il est recommandé d’avoir recours à un kinésithérapeute ou à un ostéopathe spécialisés dans l’endométriose.

Travailler sa posture au quotidien pour moins de douleurs pelviennes

La posture de la femme est très importante pour les raisons citées ci-dessus. Elle doit avoir un bassin et des lombaires souples ainsi qu’un centre de gravité respecté pour supporter de manière correcte les organes pelviens afin d’assurer la bonne fonctionnalité de ces derniers.

Travailler sa posture au quotidien et rééduquer son ventre ne veut pas dire faire de la muscu (faire la planche, faire des abdos ou faire des squats) tous les matins. Dans tous les cas, cela est mauvais pour les femmes atteintes d’endométriose.  Mais il est absolument indispensable de rééduquer cette zone donc comment faire ?

Il est assez facile de voir au premier coup d’œil quand une femme a des problèmes de plancher pelvien.
Regardez la photo ci-dessous. Vous pouvez la comparer à la photo plus haut avec les forces qui s’exercent différemment quand les abdominaux sont engagés ou non.
Quand les abdominaux ne sont pas engagés, la plupart de la pression s’exerce sur le plancher pelvien (et donc sur les organes situés dans le petit bassin) et vers l’avant du corps. Une telle pression exercée quotidienne peut causer beaucoup de dommages et générer des douleurs importantes.

Source : Katie Edmonds

Comment se tenir debout ?

Pour se tenir debout correctement, il faut éviter de pousser les hanches vers l’avant, au-devant de vos pieds mais au contraire les faire les reculer. Cela déplace le poids situé initialement sur le bas de votre dos et de votre colonne vertébrale et le place où il devrait être c’est-à-dire sur votre tronc. Votre tronc, c’est votre centre, c’est lui qui devrait soutenir tout le haut de votre corps et non votre colonne vertébrale.

Source : Diastasisrectified.com

De cette manière, vous comprenez comment vous pouvez engager tous les muscles situés dans votre ventre (abdominaux, périnée, etc.) tous les jours juste en vous tenant debout.

Comment se tenir assise ?

La plupart d’entre nous se tiennent assise avec le dos enroulé et cela ne soutient pas l’utérus. Et cela impacte votre utérus, votre périnée et donc votre endométriose.

Source : Katie Edmonds

Les ligaments utéro-sacrés sont les principaux ligaments qui soutiennent l’utérus. S’ils ne sont pas positionnés correctement parce que vous êtes assise sur votre sacrum alors ces ligaments perdent de leur force et de leur résilience. Et du coup votre utérus se déplace, ce qui est une des raisons pour laquelle votre utérus peut-être rétroversé ou rétrofléchi. Et cela n’est pas normal et peut engendrer des douleurs supplémentaires.

Donc votre objectif est de ne plus vous asseoir sur votre sacrum.

Une des solutions pour réapprendre à s’assoir correctement est d’utiliser une swissball qui, grâce à la recherche d’équilibre qu’elle nécessite, oblige à engager les muscles de la ceinture abdominale et du périnée.

Vous pouvez également pratiquer de fausses inspirations afin de renforcer votre sangle abdominale sans danger pour les organes de votre petit bassin et votre périnée.

Se mettre en mouvement régulièrement

La douleur a tendance à nous clouer sur place, à nous empêcher de bouger, à nous faire nous recroqueviller sur nous-même. Le problème c’est que moins on bouge, plus on se tient mal, recroquevillée sur la zone douloureuse.

Et moins on bouge, plus les douleurs s’accentuent car l’absence de mouvement favorise une rigidification des tissus et une fonte des muscles.

Ne serait-ce qu’un peu de marche à pied quotidienne permet d’oxygène la zone pelvienne, de réduire la congestion, d’apporter de la mobilité à l’ensemble des organes et tissus situés dans le petit bassin et de stimuler le métabolisme. Cela renforce les muscles abdominaux et dorsaux et aide à une meilleure posture.

Si la pratique d’un sport très intense n’est pas conseillé avec l’endométriose, en revanche la pratique d’un sport doux qui aide à se mettre en mouvement est fortement recommandée (Yoga, Shiatsu, Tai-Chi, Pilates, etc.).

Pratiquer régulièrement des positions de yoga afin d’assouplir plus en profondeur

Consulter un kinésithérapeute ou un ostéopathe spécialisée dans l’endométriose

En plus des petites actions que vous pouvez mettre en place quotidiennement qui peuvent apporter de vraies améliorations sur vos douleurs et votre digestion, il est très intéressant de consulter régulièrement un kinésithérapeute et/ou un ostéopathe.

Mais attention, il est indispensable de choisir un kiné ou un ostéo spécialiste de la maladie et qui saura vous aider à détendre cette zone plutôt que de vous proposer de multiplier les crunchs pour renforcer vos abdominaux.

Le kinésithérapeute et l’ostéopathe travaillent pour redonner de la mobilité à l’ensemble de la zone pelvienne, libérer les adhérences, lever les tensions musculaires du bassin, permettre une meilleure circulation de tous les liquides (sang et lymphe en particulier).

Si vous souhaitez continuer d’apprendre comment soigner votre endométriose naturellement et ainsi réduire les douleurs et la fatigue, améliorer votre digestion et optimiser votre fertilité, n’hésitez pas à vous abonner à ma newsletter grâce au formulaire ci-dessous.


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7 commentaires

  • Duval Marion

    Bonjour,

    Des ligaments hyper tendus visibles en cœlioscopie (infiltrations à la Naropéine) peuvent ils être facteur d’une endométriose ?

    Malgré des séances de kiné hebdomadaires, une séance d’ostéopathie par mois, et du yoga quotidien, j’éprouve d’inonbrables douleurs surtout assise avec le ventre qui gonfle et une inflammation du muscle psoas iliaque droit.

    Bien cordialement.

    • Bertille

      Bonjour Marion, merci pour votre message. Je ne peux malheureusement pas faire de diagnostic car ce n’est pas mon métier. Mais j’ai du mal à penser que des ligaments hyper tendus peuvent être facteur d’endométriose. Peut-être plutôt une conséquence ?
      Dans tous les cas, au vu des symptômes décrits cela serait intéressant de faire des examens plus précis avec un spécialiste de l’endométriose pour valider ou non le diagnostic. Les douleurs et le ventre gonflé font partie des symptômes d’endométriose mais aussi d’autres maladies. Avez-vous d’autres symptômes ?

  • Duval

    Bonsoir Bertille,
    Je vous écris suite à nos échange datant de juillet 2021.
    Effectivement l’endométriose superficielle péritonéale a été vue sur une IRM (épaississement des ligaments utérosacrés et du torus), lors d’une biopsie microscopique (aspect focal de lésions d’endométriose) et enfin les échographies pelvienne attestent une asymétrie de la fossette ovarienne droite. Mais sans nodule ou kyste visible, les gynécologues ont mis beaucoup de temps à s’apercevoir qu’il s’agissait de l’endométriose (en précisant bien que j’ai toujours vécu avec des règles très douloureuses et hémorragiques). J’ai très vite été mise sous pilule continue que je supporte bien mais les douleurs musculaires s’amplifient toujours autant avec des phénomènes très douloureux comme le fait d’être assise en permanence de part mon métier (psoas droit rétracté, douleur bassin et sacrum, scapulalgie, cervicalgie, etc.). A ce jour, une séance par semaine avec une kiné spécialisée est mise en place, avec suivi en naturopathie, yoga à la maison, médecines douces, mais les douleurs sont toujours présentes, même si elles se majorent moins, elles reviennent toujours sans repis peut importe le cycle au vu de la pilule en continue. 2 cœlioscopies ont été faites, 2 infiltrations dans les ligaments utérosacrés, 2 hystéroscopie mais rien de plus selon les médecins hormis un utérus dysmorphique en forme de T, une isthme utérin tubulé, et des ligaments très douloureux. Et il est donc difficile de croire que tout en lien et que je suis bien atteinte de cette maladie tellement que le corps en a mal partout.

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