
Il me tient à cœur de rappeler l’importance d’allier la médecine conventionnelle et toutes les thérapies complémentaires qui permettent de soulager les différents symptômes de l’endométriose. Ces thérapies sont nombreuses et variées, elles touchent à la fois au corps physique par la modification de l’alimentation ou par la mise en mouvement de zones du corps qui peuvent avoir été immobilisées à cause de la maladie, mais aussi aux émotions et aux difficultés psychologiques liées à la maladie
A mon sens c’est extrêmement important, et même fondamental, de ne pas opposer les disciplines de santé pour permettre à chacune de retrouver un bien-être durable avec la maladie grâce à des méthodes qui lui conviennent tout en bénéficiant d’un suivi médical allopathique qui permet de voir grâce à l’imagerie l’évolution de la maladie et de gérer les urgences.
Sur le sujet, j’ai rédigé il y a quelques temps un article de blog dédié à la médecine intégrative et à ses atouts pour l’endométriose. La médecine intégrative est à mon sens, le futur de la santé et ce particulièrement dans le cadre de la prise en charge des maladies chroniques.
N.B. : Toutes les thérapies complémentaires proposées ci-dessous ne remplacent en rien une consultation avec un médecin. Elles sont complémentaires. Pour tout problème de santé, je vous invite à consulter un médecin.
Dans le langage allopathique, ces thérapies complémentaires sont appelées « options thérapeutiques non médicamenteuses ».
Le document reconnait que « l’approche globale et pluridisciplinaire semble utile dans les soins à apporter aux patientes souffrant d’endométriose ».
Cependant, seules les prises en charge non médicamenteuses qui ont montré une amélioration de la qualité de vie peuvent être proposées en complément de la prise en charge médicale. Sont officiellement reconnues pour leur effet sur l’amélioration de la qualité de vie : la psychologie, la sexologie, les herbes chinoises dans certaines circonstances, l’ostéopathie, l’acupuncture et le yoga, la relaxation type Jacobson (contraction, décontraction musculaire).
Le document indique que :
Sources :
Protocole National de Diagnostic et de Soins sur l’endométriose
Traitements complémentaires ou alternatifs de l’endométriose | APHP
Pour moi, l’expérience de chacune permet aussi de se faire son propre avis et il se trouve, que sur moi, l’alimentation a été un facteur déterminant de la réduction des douleurs… les tisanes et les huiles essentielles ont été et sont également d’un grand secours pour moi et je le remarque aussi chez les femmes que j’accompagne.

L’hypnothérapie permet de soulager ou de résoudre de nombreux troubles et tout particulièrement les douleurs car elle a une action analgésique. L’hypnose désigne un état modifié de conscience proche du sommeil ou de la méditation. Cet état permet à la personne qui le vit d’approcher son inconscient tout en restant conscient du monde qui l’entoure. Lorsqu’un patient est en état d’hypnose, son esprit fait abstraction de tout ce qui l’entoure. Cet état provoque chez lui une hyperréactivité et une hypersensibilité à la parole de l’hypnotiseur. Ainsi, le patient perçoit les choses plus largement, dans leur ensemble et avec un certain recul. Le patient peut alors se confronter plus facilement à ses problèmes et les résoudre, calmer une peur ou modifier un comportement qui ne convient plus à sa vie.
Elle permet également de travailler sur des difficultés émotionnelles, des souvenirs douloureux, des mémoires transgénérationnelles, etc. afin de libérer le corps par la libération de l’inconscient.
La psychothérapie peut être utile lorsque l’endométriose vient agir sur notre équilibre psychologique et ce tout particulièrement à quatre moments clés dans lesquelles la maladie prend toute sa place :
L’aide psychologique des patientes est essentielle tout au long du parcours avec la maladie : il doit servir à les rassurer, à les entendre et entendre leur douleur. La reconnaissance de cette souffrance est essentielle dans le processus psychologique des patientes. Ecouter ces femmes est un premier pas dans leur mieux être !
Sur le sujet des conséquences psychosociales de l’endométriose, je vous invite à lire l’article dédié : Comment gérer les conséquences de l’endométriose sur ma vie quotidienne et sociale ?
La sophrologie est une discipline qui vise à retrouver l’harmonie entre le corps physique et le mental. Fondée sur la respiration et la relaxation, cette méthode naturelle permet de mobiliser ses propres capacités : calme, bien-être, confiance en soi. Elle dynamise de façon positive les qualités, les pensées et les ressources de chacun afin d’aider à mieux utiliser son potentiel.
La sophrologie permet de développer la réalité objective : voir les choses comme elles sont réellement, plutôt que d’être dans la supposition, afin d’être plus efficace dans l’action. Elle favorise une meilleure adaptation aux nouvelles conditions de vie en société. L’important est d’être à l’écoute de ses sensations et de ce que renvoie le corps.
Dans le cadre de l’endométriose, la sophrologie est particulièrement utile pour :
Un sexologue peut être un médecin ou un psychologue, qui a suivi un diplôme universitaire de trois ans de spécialisation : le DIS (diplôme interuniversitaire en sexualité humaine et/ou sexologie).
Le sexologue s’intéresse à la sexualité et de ses troubles, mais aussi aux comportements amoureux, à la forme sociale des rapports sexuels, aux rapports entre la sexualité et la culture, aux déviations sexuelles. Il s’adresse à toutes les personnes qui présentent des problèmes sexuels qui les mettent en difficulté dans leur couple et dans leur vie personnelle.
C’est une discipline qui peut être intéressante quand on est atteinte d’endométriose car le principal symptôme de l’endométriose est la douleur et notamment leurs lors des rapports sexuels (dyspareunies).
La phytothérapie est le traitement des maladies par les plantes ou leur extrait.
Elle permet d’aider à soulager les douleurs d’endométriose en agissant à la fois sur l’inflammation et sur l’équilibre hormonal qui bien souvent est perturbé et tend vers l’hyperœstrogénie pathologique.
Elle peut également agir sur les états de fatigue, de stress ou de difficulté de sommeil.
Pour en savoir plus : Remèdes naturels pour faire face à l’endométriose, Plantes et Santé
L’aromathérapie désigne le fait de soigner une maladie par le biais des huiles essentielles.
Pour l’endométriose, les huiles essentielles peuvent aider à réduire les douleurs en agissant à la fois sur l’inflammation et sur les spasmes.
Elles vont également aider à améliorer le sommeil, réduire le stress, etc.

Comme la médecine traditionnelle chinoise et l’ayurveda, la naturopathie est une médecine traditionnelle très ancienne.
La naturopathie est une médecine holistique, qui prend en considération tous les aspects de la personne et cherche à agir, non pas sur le symptôme, mais sur la cause. En ce sens, plus qu’une « méthode » qui soigne, la naturopathie prévient. Son but est de maintenir le corps en bonne santé et de toujours adapter son hygiène de vie et son alimentation, entre autres, à ses faiblesses passagères ou chroniques afin d’optimiser les réflexes de guérison du corps.
La naturopathie permet de soulager les symptômes de l’endométriose par différentes méthodes : la nutrition, la gestion du stress, la mise en place d’une activité physique régulière, l’aromathérapie et la phytothérapie, etc.
Ces deux disciplines s’intéressent à l’alimentation équilibrée. Elles étudient l’ensemble des règles qui doivent régir l’alimentation de l’être humain. Elle sont parfois qualifiées de « science qui analyse les rapports entre la nourriture et la santé ». Ces disciplines sont un moyen pour préserver ou améliorer sa santé et cela est vrai pour l’endométriose.
Un-e diététicien-ne ou un-e nutritionniste accompagne la femme atteinte d’endimétriose dans la mise en place d’une alimentation adaptée à la maladie. L’idée est que l’alimentation permettent d’aider à la diminution des douleurs, des troubles digestifs, de la fatigue. Les bénéfices apportés par un changement alimentaire varient d’une femme à l’autre. Pour être pleinement efficace, la prise en charge doit être personnalisée, progressive et adaptée à vos besoins.
La micronutrition consiste à satisfaire les besoins en micronutriments de l’individu par une alimentation diversifiée, associée si nécessaire à une complémentation personnalisée. Elle trouve ses fondements dans les recherches effectuées sur les liens avérés entre alimentation, santé et prévention.
La micronutrition s’intéresse à l’impact des micronutriments sur la santé et vise à optimiser le statut en micronutriments de l’organisme de manière individualisée. Elle choisit donc de regarder les précieuses molécules qui se trouvent dans notre assiette et la façon dont notre organisme les utilise. Elle prend toute sa dimension aujourd’hui avec une alimentation qui se caractérise par l’augmentation de l’apport calorique (« les calories vides ») au détriment de la densité en micronutriments.
Schématiquement, on retrouve dans nos aliments :
Dans le cadre de l’endométriose, prendre soin de son alimentation en se concentrant sur la qualité de ce que l’on mange et les micronutriments que contient notre nourriture permet à la fois de réduire l’inflammation et donc les douleurs, de réduire la fatigue et d’augmenter la fertilité.
Dans tous les cas, il est indispensable d’avoir une approche personnalisée et individualisée en fonction de la situation et des symptômes de chacune. Ce qui a fonctionné pour l’une ne fonctionnera pas forcément pour l’autre. Les conseils sur Internet sont utiles mais insuffisants. Je vous recommande de vous faire accompagner par un-e spécialiste : naturopathe, nutritionniste ou diététiticien toujours spécialiste de l’endométriose.
Aujourd’hui, le système de santé français est de moins en moins adapté – pour des raisons de temps et des raisons budgétaires – à prendre en charge et à accompagner les personnes atteintes de maladie chronique et parmi elles, les femmes atteintes d’endométriose.
Le coaching, qui a montré son efficacité dans de nombreux domaines lorsqu’il s’agit d’accompagner le changement, propose des outils et des méthodes d’intervention qui se prêtent particulièrement bien aux objectifs de santé dans l’accompagnement des femmes atteintes d’endométriose.
Le coaching santé et bien-être permet aux femmes atteintes d’endométriose de redevenir maitresse de leur santé et d’avoir les outils nécessaires pour mieux vivre, voire bien-vivre, avec la maladie car il soutient la mise en place des changements nécessaires pour réduire les douleurs notamment.
Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article que j’ai rédigé pour Le Lab de l’endo : Comment le coaching santé peut aider en cas d’endométriose ?
Créé en 1796, l’homéopathie repose sur trois principes :
Pour l’endométriose, l’homéopathie se détermine en fonction du type de douleur, des modalités d’aggravation ou d’amélioration des symptômes (repos, mouvement, chaleur, froid) et de l’état psychologique que la maladie induit chez la femme atteinte de la maladie.

L’acupuncture est depuis longtemps utilisée par la médecine traditionnelle chinoise dans le traitement de l’endométriose. En 1996, l’organisation mondiale de la santé a validé les traitements d’acupuncture pour plusieurs problèmes de santé et notamment l’infertilité, le syndrome prémenstruel, les cycles irréguliers, les douleurs menstruelles, etc.
L’acupuncture consiste à stimuler des zones précises de la peau : les « points d’acupuncture » principalement par le biais d’aiguilles, mais d’autres techniques de stimulation peuvent être utilisées : mécaniques, magnétiques, électriques, thermiques, lumineux ou physico-chimiques.
Pour l’endométriose, l’acupuncture agit principalement sur l’intensité de la douleur (étude de 2016 de deux scientifiques suédois (Département de physiologie et de pharmacologie, Karolinska Institute, Stockholm).
L’action de l’acupuncture repose sur le fait qu’elle aiderait à lutter contre les obstacles à la circulation du sang et du Qi (énergie), ce qui permettrait de faire diminuer la douleur.
D’autres raisons sont également évoquées :
Source : L’acupuncture peut soulager l’endométriose
Reposant sur le même principe que l’acupuncture, la mésothérapie s’en différencie uniquement par le fait que praticien pique la zone douloureuse et non le corps en entier.
Chez les femmes atteintes d’endométriose, le thérapeute se concentre sur la région du bassin. Le cerveau sécrète alors des endomorphines, des substances anti-douleur. La seringue utilisée est imbibée de deux produits injectés sous la peau et non dans le sang :
L’ostéopathie est l’art de traiter par les mains les dysfonctions de la micro-mobilité de tous les tissus du corps. Ces dysfonctionnements de la mobilité entrainent toutes sortes de troubles fonctionnels qui peuvent perturber l’état de santé à différents niveaux de l’être.
L’ostéopathie peut aider les femmes atteintes d’endométriose sur les symptômes suivants :
Pour traiter ces douleurs, l’ostéopathe assouplit les tissus atteints et redonne de la mobilité aux zones concernées.
L’ostéopathie intrapelvienne consiste à pratiquer l’ostéopathie par des touchers internes par la voie vaginale et par la voie anale.
Elle permet de mobiliser les tissus internes, de travailler sur les muscles du périnée et les structures osseuses comme le coccyx ou le sacrum.
En mobilisant les tissus, elle permet d’assouplir les tissus, de refaire circuler les fluides (sang et lymphe notamment) et ainsi de soulager différents types de douleur comme les douleurs neuropathiques, les douleurs congestives, etc.
La stimulation du coccyx et sacrum crée une ondulation du liquide céphalo-rachidien. Cela permet de travailler la base du cerveau donnant un meilleur équilibre de l’hypothalamus et de l’hypophyse aidant les femmes souffrant de déséquilibres hormonaux, induisant potentiellement une infertilité.
En outre, elle permettrait aussi de travailler sur les traumas et les mémoires transgénérationnelles logées dans le périnée, notre « bibliothèque de vie » selon Christine Michel-Schweitzer et Véronique de la Cochetière.
Sa pratique est réservée aux professionnels de santé et ne peut être réalisée que par des professionnels autorisés aux manipulations internes : sage-femme et kinesithérapeute. Les ostéopathes qui n’ont pas l’une de ces formations n’ont pas le droit de pratiquer l’ostéopathie intrapelvienne.
Comme l’ostéopathie ou la kinésithérapie, la fasciathérapie fait partie des interventions non médicamenteuses à laquelle chacune de nous peut avoir recours pour faire diminuer les douleurs d’endométriose.
La fasciathérapie est une thérapie manuelle qui mobilise les ressources et les capacités du patient pour faire face à la maladie.
Les fascias sont des tissus qui recouvrent l’ensemble du corps humain. Appelés également tissus conjonctifs ou encore connectifs, les fascias sont des membranes plus ou moins élastiques, capables de se contracter et d’influencer la dynamique musculaire, articulaire, la biologie et l’ensemble du bon fonctionnement de notre corps.
Connectés les uns aux autres, ils forment un réseau complexe reliant le sommet du crâne aux orteils et allant de la superficie de la peau jusqu’à l’intérieur de la cellule. Cette continuité fasciale ou tissulaire aujourd’hui démontrée permet d’expliquer qu’un problème situé dans une partie du corps puisse avoir des répercussions à distance.
Par leur étroite relation avec le système nerveux central, ils participent à l’interconnexion corps/psychisme. Cette voie de communication permet d’expliquer comment les tensions fasciales soient impliquées dans l’anxiété, les réactions émotionnelles et de stress et plus largement dans l’équilibre somato-psychique.
Le traitement de l’endométriose en fasciathérapie est axé sur les symptômes douloureux et l’amélioration de la qualité de vie des patientes.
